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L’iconographie de la Lune

d’Andrea Vitali

par Alain Bougearel
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Traduction française de l’essai d’Andrea Vitali relatif à l’iconographie de la Lune, revue et corrigée par l’auteur

Copyright Andrea Vitali

Version originale italienne

Version anglaise

Copyright Alain Bougearel (Traduction française)

LA LUNE

Sur les Tarots dit de Charles VI et d’Ercole d’Este Ier la Lune est représentée comme un astre qu’observent des astrologues.

Dans le jeu des Tarots de Visconti, une jeune fille tient dans sa main la Lune Croissante - et ce, en concordance avec la méthode utilisée pour d’autres cartes, telles que la carte des Etoiles dans le même jeu ou la même carte dans le Tarot de Bartolomeo Colleoni.

Dans la basilique St Clément à Rome, une fresque représente St Christophe alors qu’il s’apprête à faire traverser le jeune Jésus qui tient dans sa main une Pleine Lune : ceci est un exemple de la Lumière tel que le décrivait St Ambrogio : « Ergo annunziavit luna misterium Christi » « Ainsi, au travers de la Lune, je vous ai annoncé le mystère du Christ ».

Sur la planche dite Feuille Cary, nous trouvons une image totalement différente : la Lune domine de ses rayons un paysage mi-terrestre mi-aquatique.

Dans les eaux se trouve un crabe ou une écrevisse (cancer) tandis que sur le sol valloné se dressent deux bâtiments qui se font face comme opposés symétriquement.

Le Cancer est non seulement le domicile zodiacal de la Lune mais aussi un animal qui symbolise l’Inconstance [Inconstanza] comme je l’ai trouvé dans l’essai de Cesare Ripa « Iconologia » dans lequel l’Inconstance est décrite comme « une femme foulant aux pieds un grande Crabe identique au Cancer du Zodiaque ; elle est vêtue de bleu profond et tient la Lune dans sa main ; le crabe est un animal qui se déplace en avant en arrière avec la même énergie - tout comme ceux qui sont irrésolus aimant tantôt la contemplation, tantôt l’action, ou bien la guerre ou bien la paix...

De façon similaire, la Lune est très inconstante pour ce qui nos yeux en perçoivent, et le fou est aussi changeant que la Lune qui ne conserve pas la même forme , ne serait-ce que pendant une heure durant... » (pages. 276-277, éd. 1669).

Les deux constructions érigées de part et d’autre du disque lunaire sont deux phares. Leur présence est intrinséquement liée à celle de l’astre lunaire pour de nombreuses raisons. D’abord, parce que ce luminaire a toujours représenté la lumière (nocturne) pour les navigateurs ; en outre, car la Lune a été l’objet de vénération (cf. ci-dessous) ; enfin , à cause des symbolismes liés à sa désignation en tant que « Triformée » (triple forme(s)). Dans la Mythologie de Natale Conte datée de 1551, l’auteur écrit que la Lune était « vénérée par les Egyptiens sous le nom d’Isis régnat sur les tempêtes et les navigateurs comme Luciano l’atteste dans son « Dialogue entre Zephyrus et Noto [Livre III°, chap. XVIII, p.468] ».

Cartari offre une image de la déesse tenant un petit navire dans sa main et la décrit comme « une représentation de la déesse égyptienne Isis qui était la divinité des marins.

(Lattanzio n’explique-t-il pas, mais en d’autres termes, qu’ offrir à la déesse un petit bâteau posé dans sa main droite revenait à s’assurer de sa protection ? Ainsi, elle amènerait le navire à bon port en Egypte où se tenait des festivités spécifiques à la navigation sous ses auspices ).

Lorenzo Pignoria, en 1647, au sujet d’un ancien camé représentant la divinité Isis, écrit dans « Notes relatives au Livre des Images de Cartari » [p. 298] : « Sur l’antique camé, Isis est représentée à l’identique que sur les médaillons d’Hadriano et d’Antonino Pio ; ...et cette figure signifie la « Navigation d’Isis » (Barque d’Isis) mentionnée dans l’Ancien Calendrier Rustique, de même que sur le médaillon d’Antonino Pio, se trouve un phare qui confirme cette conjecture . Voir aussi le Livre XI d’Apulée »

En réalité, dans Metamorphosis d’Apulée, l’auteur décrit la barque d’Isis en nous donnant une grandiose représentation de ce rituel.

Le Cabinet de Numismatique de Castello Sforzesco à Milan,détient plusieurs pièces de monnaie à effigies conformes aux descriptions précédentes : ce sont des drachmes en bronze datant de l’époque impériale d’Alexandre transformés en deniers par Antonino Pio (138-161). Sur ces deniers, sur une face est dessiné le buste d’Isis tandis que sur l’autre face se trouve “Isis Pharia”, c’est à dire la déesse naviguant sur une planche en bois vers un phare.

La représentation de cet astre sur la Feuille Cary offre deux phares sous et de part et d’autre de disque de la Pleine Lune.

Afin de comprendre tout cela, nous devons nous souvenir que la Lune était considérée par les anciens comme « Triformée » alors que ces 3 aspects lunaires étaient connectés à ses 3 vertus.

Cartari dans son ouvrage écrit p. 80 :

« Elle est appelée Hécate et Lune Triformée, car tous les aspects qu’elle montre de son corps dépendent plus ou moins de la position du Soleil qui l’éclaire ou le cache au regard - tandis qu’au nombre de Trois sont ses Vertus.

La première correspond au moment où elle éclaire les mortels en illuminant la croissance des choses. La seconde, c’est quand elle est à demi éclairée. La troisième quand elle est remplie de lumière.. »

Sur la Feuille Cary sont représentés ces trois aspects lunaires de la “Lune Triformée” :

Les phares situés sur les deux côtés de la carte symbolisent la Lune Nouvelle et Demi-Lune tandis que l’astre qui brille au-dessus et au milieu de la carte met l’accent sur la Pleine Lune. Plus encore, il y a là les trois aspects lunaires : croissante, pleine et décroissante, autres formes liées à la triple dénomination de la Lune dont la lumière nocturne sous chacune de ses trois phases, pour ceux qui naviguent sur l’océan, est pareille à un phare....

Du reste, il est probable que l’eau représentée sur le bas de la carte est en relation avec où la Lune n’est plus visible car, cachée par la mer, selon d’anciennes croyances. A ce sujet, Cartari écrit : “Pour revenir à Apulée, dit-il, en songe il pensa avoir vu sa Déesse (la Lune) qui s’élevait depuis l’océan lui dévoilant lentement son corps - car les poètes prétendent que le Soleil, la Lune et toutes les autres étoiles, quand ils disparaissent [du champ de vision] plongent en fait dans la mer pour en ressortir quand ils redeviennent visibles ”

A propos de la Lune obscure (vieille Lune), citant St Ambrogio, Cartari souline à nouveau l’inconstance du luminaire, dont l’instabilité est un enseignement moral car elle ne doit pas être imitée par l’homme.

Ainsi, cette exemple de la Lune en complément des choses naturelles qu’elle rend manifeste à notre vue, pourrait nous enseigner quelque de plus utile à la gouverne de notre vie comme le suggéra Béati Ambrogio en preant l’exemple de l’astre lunaire dont la lumière est on ne peut plus instable car en changeant de forme tantôt quand elle croît tantôt quand elle décroît, nous avertit qu’il n’y a aucune stabilité dans les affaires humaines et que tout meurt au fur et à mesure du temps qui passe. Pour cette raison, il fut affirmé que les anciens Romains de noble famille avaient l’habitude de poser de petites lunes sur leurs pieds afin de demeurés prévenus de l’instabilité du monde et de ne pas être fier de leur fortune, car la richesse et tous les biens dont un homme pouvait s’enorgueillir étaient à l’instar de la Lune - tantôt brillante et étincelante, tantôt amoindrie avec une faible luminosité, tantôt obscure et invisible”.

La présence du chien dans l’importante iconographie de la déesse, souligne la relation entre la Lune et Diane (la déesse chasseresse romaine) ainsi que le raconte Guglielmo Choul dans son essai “ Essai sur l’antique religion romaine” daté de 1569 qui montre un ancien médaillon dédié à Giulia Pia (p.81) “Afin de démontrer davantage que à l’époque antique la Lune et Diane étaient une seule et même personne, j’offre ici une reproduction d’une nouvelle médaille de bronze du même Giulia sur laquelle est écrit : ‘Lune Lucifer’. Sur cette image, la déesse est dessinée avec un chien à ses pieds tandis qu’elle lève une torche vers le haut. A propos de cette torche, Cartari note : « en toute certitude, la torche éclairante que tient Diane dans sa main montre qu’elle éclaire la route aux voyageurs dans la nuit, et c’est pour cette raison qu’elle fut appelée conseil et guide [suprême]”.Une belle image de la déesse avec ces attributs se trouve dans “Mythologie” de Natale Conte (1616).

Le chien et les autres animaux qui l’accompagnent, tels que cerf et serpents, symbolisent les instincts inéparables de l’homme qui doivent être maîtrisés afin de pouvoir entrer finalement dans la “Cité des Justes”- chère au coeur de la déesse selon Homère. (J. Chevalier - A. Gheerbrant “Symbols Dictionary” 1986, volume I, page 103).

La présence plus tardive de deux chiens l’un noir l’autre blanc sur la carte de la Lune comme sur le Tarot de Marseille possède des références précises dans le contexte médiéval.

Les deux chiens ou d’autres animaux deviennent le symbole du jour et de la nuit selon le concept fort répandu qui liait ces deux couleurs (blanc et noir) au jour et à la nuit.

Cartari nous dit traitant du chariot lunaire que tirent deux chevaux que « l’un était de couleur blanche et l’autre, de couleur noire en conformité avec Boccace car la Lune apparaît non seulement la nuit mais elle peut être vue de jour ».

J’ai trouvé un autre exemple de ce genre de représentation du jour et la nuit dans la merveilleuse peinture de Jacopo del Sellaio « Le Triomphe du temps » qui se trouve désormais au Musée Bandini à Fiésole.

Le Viel Homme est assis sur le disque solaire sur lequel sont inscrits des chiffres des heures. Sous lui, analogues aux heures diurnes et nocturnes se trouvent un chien blanc et un chien noir - symboles du temps qui passe sans s’arrêter tant de jour que de nuit.

Les couleurs (le noir et le blanc) des chiens sur la carte de la Lune symbolisent, en accord avec un concept typique à la Renaissance, que les effets de l’astre sont toujours présents m^me si le luminaire n’est pas visible comme l’écrit Cartari : « son pouvoir a sa force non seulement dans le Ciel où il est nommé Lune mais même sur Terre, où on la nomme Diane, et même jusqu’aux Enfers, où il se prénomme Hécate et Proserpine car on pense que c’est là son domicile dans sa phase invisible »

Comme l’on peut s’en apercevoir en lisant certains essais iconologiques du Moyen Age, de la Reanissance et même ultérieurs, d’habitude les vertus humaines sont comparées aux vertus animales. Saint Ambrogio dans son “Hexaemeron” (VI, c. IV, 17) affirme que le chien devrait servit de modèle aux Chrétiens pour ses qualités de fidélité et de gratitude qu’il manifeste envers ses bienfaiteurs.

Dans l’ouvrage “Archevêque, evêque d’Adria, Questions pastorales de Carla Labia, dans “Impresa LXXX - Non valent latrare “ [Emblem LXXX - Il n’y a pas de quoi aboyer ] les qualités canines telles que aptitudes, fidélité, compassion, constance et gratitude sont énumérées en tant que celles que devrait posséder chaque évêque pour mener à bien sa mission pastorale.

Un merveilleux exemple de deux chiens, l’un noir l’autre blanc, repésentés de cette façon se trouve au Temple Malatestat à Rimini.

Le Temple, une des constructions les plus importantes de l’époque de l’Humanisme en Italie, fut construit par l’architecte Léon Battista Alberti à la requête du Seigneur de Rimini, Pandolfo Sigismondo Malatesta. Ce bâtiment tient plus d’un temple païen que d’une église chrétienne, et il semble bien que ce soit là un monument néo-platonicien.

Valturio declare que l’iconographie du plan de la construction fut inspiré par la Philosophie et même par “des notions plus cachées de la Philosophie” que seuls d’authentiques experts pouvaient décoder.

Vraiment, une des chapelles traite du thème des planètes, avec des symboles spécifiques de la civilisation et la théologie égyptienne.

En réalité, Alberti se mit au travail dès 1450 pour achever son oeuvre dix ans plus tard après que Sigismondo Malatesta fut condamné par le Pape Pie II Piccolomini. C’était un intellectuel humaniste raffiné et à ce titre, « connaissait et partageait les valeurs typographiques et symboliques qui étaient à la base de l’édifice », il sut parfaitement comment les interpréter a contrario dans son réquisitoire à l’encontre du Seigneur des lieux offrant une interprétation cruellement exacte (Antonio Paolucci : “Il Tempio Malatestiano”, 2000, pages 9-10) qu’il décrivit comme un lieu de rituels païens et un temple « d’adorateurs du Diable » et ce, afin d’atteindre ses objectifs politiques.

L’objet de mon étude est la “Cellule des reliques” dans laquelle Piero della Francesca peignit en 1451 une fresque représentant “Sigismondo priant Saint Sigismondo”.

La chose intéressante ici est la présence de deux chiens, l’un noir l’autre blanc, sur la droite de la fresque, tapis avec leurs museaux dirigés vers deux directions différentes et opposées.

La présence de ces deux chiens se justifiait par une allégorie visant à mettre l’accent sur la fidélité et la gratitude de Sigismondo envers son Saint protecteur de part les qualités propres à la race canine. Les couleurs des chiens signifiaient que la fidélité de Sigismondo était toujours présente que ce soit de jour ou de nuit. Leurs museaux pointant dans des directions différentes symbolisaient que la dévotion de Sigismondo ne se limitait pas au présent mais avait toujours été et serait toujours là : dans le passé et dans le futur. A ce que je sache, ceci est la première interprétation iconologique jamais proposée de la présence des deux chiens sur la fresque.

Dans le symbolisme de la Renaissance , les deux chiens sont connectés à l’idée de l’inutilité des efforts acharnés de ceux qui sont nés sous les influences de l’astre lunaire : (page 695, 1621 edition) :

« La nuit, le chien observe la face de la Lune comme si c’était un miroir, et le contemplant, il croit qu’il y a un autre chien et il se met à aboyer sans répit ; mais sa voix vainement se perd dans le vent tandis que Diane poursuit son voyage nocturne - impassible ».

Dans le Tarot de Viéville, il y a une femme en train de filer sous la Lune.

Comme je l’ai dit pour la carte du Soleil dans le Tarot dit de Charles VI, Tarot, le mythe du Destin est en relation étroite avec la Lune car elle préside à la génération de la vie. En réalité, la Lune, comme le savaient les Anciens, influence la croissance hormonale humaine de même que celle des plantes. Cartari écrit que la Lune « étant un astre humide, quelquefois accélère le temps de façon à ce que le bébé naisse au septième mois, et rend la délivrance aisée ». A propos de la Destinée, le même auteur affirme, citant Varrone, que ces déesses [les Trois Parques] « président à la naissance et en font leur affaire, que pour cette raison les Romains les appelèrent Dixième et Neuvième car le temps de l’enfantement se situe généralement au neuvième ou au dixième mois. Mais que , comme celui qui est né doit mourit, la troisième Parque fut nommée Mort, car c’est Elle qui délivre le trépas aux humains ».



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