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L’iconographie de l’Etoile
d’Andrea Vitali

Traduction française de l’essai d’Andrea Vitali relatif à l’iconographie de l’Etoile, revue et corrigée par l’auteur.

Article mis en ligne le 16 mars 2005

par Alain Bougearel
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"Je la consulterai à nouveau avec plaisir"

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Voyance - Avis sur Gamaïoun :"très chaleureuse et agréable"

"Je la conseillerai vivement"

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"fut surprenante quant à certains détails de santé"

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Avis sur Sevasty, voyance :"Troublante"

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Avis sur Eric Médium - voyance :"Consultation impressionnante"

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Compte-rendu de Consultation-Test © Officiel de la Voyance
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"jamais été aussi à l’aise avec un voyant"

Compte-rendu de Consultation-Test © Officiel de la Voyance
Contribution de Catherine G.:
Voyance - Avis sur Sevasty - Médium :"impressionnante"

"Cette dame m’a dit des faits que personne ne savait"

Copyright Andrea Vitali [1]

Copyright Alain Bougearel (Traduction française)

L’Etoile

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Etoiles des Tarots Visconti-Sforza
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Tarot Colleoni

La carte des Etoiles des Tarots Visconti-Sforza de même que celle du Tarot Colleoni décrivent une jeune fille tenant en l’air une étoile dans sa main.

Le Tarot d’Ercole Ier d’Este

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Tarot d’Ercole Ier d’Este

montre deux astrologues scrutant le ciel.

Un astrologue solitaire apparaît sur la carte du Tarot de Viéville.

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Tarot de Viéville

Les Trois Rois Mages sont dépeints sur la carte du Tarot de la Collection Rothschild en train de soulever la couronne du Christ. Un des Mages, sur le Minchiate florentin, chevauche un cheval tout en tenant un vase rempli d’offrandes dans sa main. Toutes les étoiles figurant sur ces cartes possèdent huit pointes : nous verrons pourquoi ultérieurement...

Un changement substantiel a lieu dans l’iconographie avec la Feuille Cary du XVIème siècle qui montre une jeune fille agenouillée, versant le liquide de deux jarres dans un cours d’eau. Au-dessus d’elle, dans le ciel, se dresse une grande étoile qu’encadrent de part et d’autre, deux par deux, quatre plus petites étoiles.

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la Feuille Cary

C’est une Naïade, une nymphe des cours d’eau conforme à la description iconologique qu’en font les textes du XVIème siècle. Une splendide illustration se trouve dans la Chambre de Psyché au Palazzo Te de Mantoue.

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Psyché

J’ai découvert l’explication de cette allégorie dans l’essai « De Antro Nympharum » du néo-platonicien Porphyre dont les oeuvres suscitèrent un grand intérêt au Moyen-Age.

Si le Byzantin Michel Psellos (XI s) avait déjà offert un ‘compendium’ de l’interprétation porphyrienne du « De Antro », ce furent les écrits des platoniciens florentins Marcile Ficin et Pic de la Mirandole qui permirent de re-découvrir Porphyre.

C’est au XVI siècle, au moment où fleurissait l’impression des textes grecs du platonisme, enrichis avec des ouvres attribuées aux théologiens antiques - tels qu’Orphée, Pythagore, Zoroastre, ... les oracles chaldéens, les textes hermétiques -, que fut publiée à Rome en 1508, la première édition imprimée éditée par Lascaris.

Pic de la Mirandole salua dans son « Oratio de hominis dignitade » la richesse et la « multiuga religio » - « spiritualité polymorphe » de Porphyre tandis que Politien admirait sa « Vita Plotini » - parfait mélange d’histoire et d’éloquence

Porphyre interpréta la caverne d’Ithaque, décrite dans les vers d’Homère, à la lumière de la thématique platonicienne : la descente de l’âme dans le monde terrestre et son retour vers le Divin. Qu’écrivait Homère ?
- « Devant le port, il y a un olivier à grandes feuilles, proche d’une agréable grotte, obscure, consacrée aux Nymphes dites Naïades, au-dedans de laquelle se trouvent des cratères et des amphores de pierre, où les abeilles déposent leur miel. Il y a là de hauts métiers à tisser en pierre sur lesquelles les Nymphes tissent de pourpres manteaux - une merveille à contempler ; ici jaillissent des eaux perpétuelles ; il y a deux portes, l’une en direction de Boréas, est destinée à la descente (sur Terre) des hommes, tandis que l’autre, orientée vers Notus, réservée aux Dieux, n’est pas empruntée par les humains, car c’est la voie qu’empruntent les Immortels » ...($9)

Pour Porphyre, la caverne représente le Cosmos, et c’est dans ce sens qu’il rattache de multiples analogies au culte de Mithra ; les Nymphes et les abeilles sont des métaphores des âmes, les manteaux pourpres que tissent les Nymphes sont à l’image du corps qui se développe autour des os, alors que les deux portes de la caverne sont synonymes des voies de la route cosmique que parcourt l’âme pour descendre (sur Terre) puis s’élever de nouveau (aux Cieux).

Porphyre écrit à ce sujet que « les théologiens de l’Antiquité avaient coutume de situer le symbole du Cosmos et de l’essence intelligible dans la caverne ($9). Avec les Nymphes et les Naïades, spécifiquement, nous entendons les puissances qui gouvernent les Eaux, mais les théologiens, eux, usaient de cette appellation (Nymphes et Naïades) pour [symboliser] toutes les âmes en général qui descendaient [sur Terre] à travers le processus de l’engendrement.

En fait, ils croyaient que toutes les âmes se reposaient à la surface de l’eau, laquelle était selon Numénius divinement inspirée ; ce dernier ajoute que c’est pourquoi le prophète [Moïse] affirma que "le Souffle Divin souffle sur l’eau".

Numénius, un des maîtres de Porphyre, dans ces vers, cite le prophète Moïse qu’il compare à Platon « le Moïse qui parla en Attique ». La référence biblique se trouve dans le Livre de la Genèse, I,2,c : « mais le souffle d’Elohîm planait sur les faces des eaux »

Voici ce qu’écrit Porphyre quant au développement des membres du corps autour de l’ossature :
- « Les cratères et les amphores de pierre sont des symboles tout à fait adéquats des Nymphes qui gouvernent l’eau surgissant du rocher, et quel symbole serait mieux adapté pour représenter les âmes qui descendent pour s’engendrer et qui s’orientent vers la création du corps ? C’est pourquoi le poète a l’audace de dire que, sur ces métiers à tisser [de pierre], « elles tissent des manteaux pourpres - une merveille à contempler ». La chair est en fait formée sur les os et autour d’eux ; dans les créatures vivantes, les os sont la pierre, car ils sont similaires à la pierre ; ainsi est-il affirmé que les métiers à tisser aussi sont faits en pierre et non d’un autre matériau ; les manteaux pourpres, à l’évidence, sont la chair, c’est à dire le tissu qui est formé à partir du sang » ($14).

Porphyre nous explique aussi pourquoi les amphores sont pleines, non d’eau mais de miel :
- « Les théologiens utilisent le miel dans plusieurs symbolismes différents, car c’est une substance dotée de propriétés diverses, vu que le miel possède le double pouvoir de purification et de conservation ...($15) Ainsi le miel est-il utilisé pour purifier, pour préserver de la putréfaction, de même qu’en tant que symbole de la puissance de séduction présidant à l’engendrement ; par conséquent, le miel représente valablement les Nymphes de l’eau, comme symbole de leur vertu purificatrice et de leur coopération dans le processus de l’engendrement : l’eau, en réalité, coopère dans l’engendrement » ($17).

Les abeilles, comme les Nymphes Naïades, deviennent, pour Porphyre, une représentation des âmes :
- « Les sources et les berges appartiennent aux Nymphes de l’eau, plus spécialement aux âmes-nymphes que les Anciens nommaient ‘abeilles’, car ce sont les créatrices du plaisir. ».

En conséquence, Sophocle employait l’expression juste quand, parlant des âmes, il disait que « l’essaim des morts bourdonne quand il accède à la lumière » ($18). L’on retrouvera le même rapport liant âmes et abeilles dans Platon [Phèdre, 82b] qui assimile les âmes justes et modérées aux abeilles, guêpes et fourmis - spécifiques d’espèces civilisées dans lesquelles les hommes peuvent se réincarner.

Les deux portes de la caverne d’Ithaque sont perçues par Porphyre comme les deux constellations depuis lesquelles l’âme descend pour s’engendrer puis enfin pour repartir :
- « Si nous voyons dans la caverne d’Ithaque l’image et le symbole du Cosmos, Numénius et son disciple Chronios affirment que, là, le Ciel a deux extrémités : de ces dernières, l’une n’est pas plus au Sud que le Tropique de l’hiver, l’autre pas plus au Nord que le Tropique de l’été. Le Tropique de l’été coïncide avec la constellation du Cancer, le Tropique de l’hiver avec la constellation du Capricorne. Et comme le Cancer est très proche de nous, il est logiquement sous la gouverne de la Lune qui est la plus proche de la Terre ; le Capricorne, puisque le pôle Sud est invisible, est attribué à la plus rapide et la plus haute des planètes « ($21).

Plus encore :
- « les théologiens, donc, voient dans ces deux signes, Cancer et Capricorne, - que Platon appelle ‘ouvertures’ - des portes, et ils disent que le Cancer est la porte au travers de laquelle les âmes descendent [s’engendrer dans l’incarnation] tandis que le Capricorne est la porte par laquelle elles s’élèvent de nouveau [vers les cieux du Divin]. Le Cancer au Nord est la voie descendante, le Capricorne au Sud est la voie ascendante. Les régions nordiques appartiennent de fait aux âmes descendant pour s’engendrer, et il est juste que le portail de la caverne face au Nord soit accessible aux humains ; les régions du Sud sont impropres aux Dieux car réservées à ceux qui reviennent vers les dieux [après s’être incarnés], et voilà pourquoi le poète affirma que c’est la voie, non des Dieux mais des ‘Immortels’ - expression qui convient parfaitement aux âmes, car elles sont immortelles en soi ou en essence » ($22-23).

L’on comprendra donc maintenant pourquoi la jeune fille nue sous les étoiles représenterait une Nymphe Naïade - symbole platonicien de la descente des âmes pour s’engendrer.

L’étroite relation entre l’âme et le ciel, point d’origine et de retour de l’âme, constituait une croyance commune à la « Physiologie Ionienne » (VI-V s av. JC), mais elle n’acquit sa forme précise que lors de la propagation des mythes de Platon exposés dans le Phaedrus et le Timaeus.

Quant au rapport liant l’eau à la vie, il se retrouve dans le mysticisme chrétien. Ainsi, sur l’épaule droite de la Naïade, dépeinte sur la Feuille Cary, est dessinée une étoile à huit branches, analogue à celles se dressant dans le ciel de la carte. Or, une étoile identique orne souvent le manteau de la Vierge Marie, signifiant la plénitude de la vie : Stella Maris [Etoile mariale].

Le nombre 8 est associé au huitième jour de la Création, quand l’univers prit vie dans sa totalité, après que Dieu se fût reposé le septième jour. Les baptistères chrétiens ont une forme octogonale indiquant par-là la plénitude de vie obtenue de par les eaux du baptême...

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Vénus (Rouen - 76)

Afin d’illustrer la naissance dans le monde, un Tarot italien [toujours du XVIè siècle] conservé à Rouen, montre Vénus sortant de l’eau de la mer. Déjà les Sumériens considéraient Vénus comme « celle qui montre le chemin vers les étoiles », symbole de naissance en tant que déesse de l’amour « de laquelle provient l’engendrement humain »(Cartari, 1647, p. 279).

Dans cette dernière image, la déesse tient une lance dans sa main droite - un objet qui finit par faire partie de ses attributs distinctifs au même titre que l’arc et les flèches.

Pour les Perses de l’Antiquité, selon une conception qui alors devint partie intégrante des mythologies grecques et romaines, Vénus, comme déesse du soir, favorisait l’amour et la volupté, tandis qu’en tant que déesse du matin, elle présidait aux guerres et aux massacres (DHORME Edouard, Les religions de Babylone et d’Assyrie, 1949, p.68).
La lance que tient Vénus dans sa main droite se transforme sur sa pointe en un fuseau, et c’est toujours Cartari qui nous éclaire sur ce point :
- « ...et dans Pausanias, nous lisons que Vénus était perçue par les Grecs comme l’une des Parques...et dans le temple qui lui était consacré, l’on conservait les bijoux des morts, de façon à nous prévenir de la précarité de la vie humaine, dont le début et la fin étaient entre les mains de la même déesse. Parce que Vénus était la déesse de l’engendrement, la représenter comme l’aînée des Parques, signifiait qu’elle avait le pouvoir de mettre fin à la vie humaine » (Cartari, 1647, p. 161-162).

Notes :

[1- Version originale italienne : http://www.associazioneletarot.it/Saggi/Le_Stelle.asp
- Version anglaise
- Version espagnole : http://homepage.mac.com/eeskenazi/vitali17.htm

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