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TAROTS - Art et Magie
Présenté par A. Bougearel

C’est un grand honneur et un immense plaisir que de présenter aux amoureux du Tarot cet essai remarquable d’Andrea Vitali. extrait du Préambule du Catalogue de son exposition relative aux Tarots et à leurs iconographies.

Article mis en ligne le 25 octobre 2004

par Andrea Vitali
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Déjà, en 1997, dans "Origines et histoire du tarot" (Editions Envolée, Toulouse), j’écrivais que selon "le spécialiste italien de l’iconographie historique du Tarot, Andrea Vitali, les conceptions éthiques et mystiques du Tarot évoqueraient de façon pédagogique les Triomphes de Pétrarque "décrivant les forces fondamentales qui... gouvernaient l’humanité en fonction d’une hiérarchie bien établie".

"A ma connaissance, Andrea Vitali est, de tous les tarologues contemporains, le médiéviste le plus pertinent.
Il voit les 22 "sujets allégoriques" structurés selon une logique ascensionnelle proche des conceptions aristotéliciennes du Cosmos"

Aujourd’hui, Andrea Vitali est "à la une" de Tarot News du site international de recherches tarologiques Trionfi.com :
http://trionfi.com/0/n/

Andrea Vitali organise de nombreuses expositions itinérantes et il est désormais très sérieusement question d’en organiser en France à l’avenir.

Bienvenu en France Monsieur Andrea Vitali.

Alain Bougearel
De la Société des Gens de Lettres de France

Nouvelles infos rentrées :

Compte-rendu de Consultation-Test © Officiel de la Voyance
Contribution de Caroline D.:
Voyance - Avis sur Daphnée Klauser, médium :"Un amour de femme !"

"Je la consulterai à nouveau avec plaisir"

Compte-rendu de Consultation-Test © Officiel de la Voyance
Contribution de Catherine G.:
Voyance - Avis sur Gamaïoun :"très chaleureuse et agréable"

"Je la conseillerai vivement"

Compte-rendu de Consultation-Test © Officiel de la Voyance
Contribution de Caroline M.:
Avis sur Sephora Gide - Voyance :"Consultation étonnante"

"fut surprenante quant à certains détails de santé"

Compte-rendu de Consultation-Test © Officiel de la Voyance
Contribution de Delphine P.:
Avis sur Sevasty, voyance :"Troublante"

"très troublée par ses prédictions"

Compte-rendu de Consultation-Test © Officiel de la Voyance
Contribution de Caroline M.:
Avis sur Eric Médium - voyance :"Consultation impressionnante"

"voyance qui sort de l’ordinaire"

Compte-rendu de Consultation-Test © Officiel de la Voyance
Contribution de Pascal S.:
Médiumnité - Avis sur Marie Damotte - Voyance :"Consultation édifiante"

"jamais été aussi à l’aise avec un voyant"

Compte-rendu de Consultation-Test © Officiel de la Voyance
Contribution de Catherine G.:
Voyance - Avis sur Sevasty - Médium :"impressionnante"

"Cette dame m’a dit des faits que personne ne savait"


LE TAROT
présente

TAROTS Art et Magie

LE TAROT
Association culturelle d’étude et de recherche historique

Pendant toute la Renaissance , les "Images des Dieux de l’antiquité" évoquèrent les mythes classiques auxquels était attribuée une grande valeur éthique et morale.

C’est à cette époque que fit son apparition le jeu des tarots : une des plus extraordinaires réalisations de l’humanisme italien. Il réunissait les plus illustres représentants du panthéon grec nourris des vertus chrétiennes, par le biais d’images allégoriques de conditions humaines et de symboles des plus importantes corps célestes.

Les Tarots étaient un grand jeu de mémoire qui renfermait les merveilles du monde visibles et invisibles et qui fournissait aux joueurs des instructions d’ordre tant physique, que moral et mystique.

En effet, la série des vertus (Force, Prudence, Justice et Tempérance) renvoie à d’importants préceptes éthiques ; la série des conditions humaines (Empereur, Impératrice, pape, Fou et Bateleur) renvoie à la hiérarchie à laquelle l’homme est subordonné ; et la série des planètes (Étoile, Lune et Soleil) fait quant à elle allusion aux forces célestes qui commandent les hommes et au-dessus desquelles règne l’univers du divin.
Toutefois l’utilisation ludique des tarots prit rapidement l’ascendant sur la dimension didactique et morale du jeu qui dès le début du XVIe siècle n’était plus compris.

A cette incompréhension correspondit une mutation bien précise des figures qui connurent des transformations, différentes selon les régions et les goûts populaires.
Vers la fin du XVIIIe siècle, fut redécouvert le contenu philosophique des tarots, mais sur la base de principes totalement erronés, les nouveaux interprètes firent voir le jour à une nouvelle utilisation du jeu : magique et divinatoire.

Dans un célèbre article publié en 1781 par l’archéologue franc-maçon, Antoine Court de Gébelin, on peut lire : “le livre de Toth existe et ses pages sont les figures des tarots”. Quelques années plus tard, un autre franc-maçon, Etteilla, se lança dans un grand projet de restauration des figures en affirmant connaître la structure du jeu pratiqué par les Égyptiens. Selon Etteilla, les premiers tarots contenaient le mystère des origines de l’univers, les formules de certaines opérations magiques et le secret de l’évolution physique et spirituelle des hommes.

Dès lors, le jeu des tarots fut indissolublement lié au monde de la magie et, en visant des objectifs beaucoup plus ambitieux que la simple connaissance du lendemain, prit son essor la grande époque des tarots occultistes

L’Harmonie céleste

Les Tarots sont un jeu constitué de 56 cartes numérales à "couleurs italiennes", mais d’origine arabe (coppe, danari, spade et bastoni) et de 22 images baptisées "Triomphes" créées à la fin du XIVe siècle ou au début du XVe siècle dans les cours du nord de l’Italie, à Milan, Ferrare et Bologne.

Ce jeu renvoie aux "Triomphes" de Francesco Pétrarque dans lesquels le poète du XIVe siècle fournit une description des principales forces qui gouvernent les hommes en leur attribuant une valeur hiérarchique. En premier lieu vient l’Amour (l’instinct) que maîtrise la Chasteté (la raison). Puis la Mort, dont vient à bout la renommée, elle-même mise à mal par le Temps. Au sommet de cette hiérarchie se trouve l’Éternité, à savoir Dieu.

La théologie médiévale attribue à l’univers un ordre précis, constitué d’une échelle symbolique qui de la terre va au ciel : du haut de cette échelle, Dieu, la cause première, gouverne le monde, sans toutefois intervenir directement mais en opérant ex gradibus, à savoir par le biais de toute une série ininterrompue d’intermédiaires de telle sorte que la puissance divine parvienne aux créatures inférieures, jusqu’au plus humble mendiant. En revanche, lue de bas en haut, l’échelle enseigne que l’homme peut franchir progressivement les étapes de l’ordre spirituel en gravissant les cimes du bonum, du verum et du nobile, et que la science et la vertu rapprochent l’homme de Dieu.

La première liste de Tarots connue, les Sermones de Ludo cum aliis d’un anonyme dominicain du XVIe siècle, permet de comprendre que les figures des Triomphes et leur ordre dans les Tarots sont la preuve incontestable qu’il s’agissait d’un jeu animé par une dimension éthique. Le Bateleur représentait le commun des mortels auquel ont été donnés des guides tempsrels, l’Impératrice et l’Empereur, et des guides spirituels, le Pape et la Papesse (la Foi).
Les instincts humains doivent être tempérés par la Vertu : l’Amour de la Tempérance, le désir de puissance à savoir le Char Triomphal, par la Force.

La Roue de la fortune enseigne que chaque succès est éphémère et que les puissants eux aussi sont destinés à devenir poussière. L’Hermite, qui vient après la Roue, représente le Temps auquel chaque être doit se soumettre tandis que le pendu représente le risque de céder à la tentation et au péché avant que la Mort physique ne survienne.

L’au-delà est lui aussi représenté selon la conception propre au Moyen-Age : l’Enfer et partant, le Diable, sont placés au centre de la Terre que surplombent les sphères célestes.

Tout comme dans le cosmos aristotélicien, la Sphère terrestre est entourée des "feux célestes", représentés par la foudre qui tombe sur une Tour. Les Sphères planétaires sont constituées de trois astres principaux : Vénus, l’étoile par excellence, la Lune et le Soleil.

La Sphère la plus haute est l’Empyrée, royaume des Anges qui lors du Jugement dernier doivent réveiller les Morts dans leurs tombes : c’est le jour lors duquel la Justice Divine triomphera et pèsera les âmes pour séparer les bons des méchants.

Au-dessus de tout cet agencement se trouve le Monde, à savoir Dieu le Père, ainsi que l’a écrit un anonyme dominicain qui commenta les Tarots à la fin du XVe siècle. Ce même auteur place le Fou après le Monde comme s’il s’agissait d’indiquer qu’il est étranger à toute règle et à tout enseignement.

Ce même ordre apparaît dans un autre jeu de la Renaissance : le Tarot de Mantegna, qui illustre les Conditions humaines, les Vertus, les Arts libéraux, les Muses et le Sphères célestes en le divisant en cinq groupes bien distincts.

Au cours du XVe siècle, le jeu des Tarots fut baptisé Ludus Triomphorum. Et ça n’est qu’au début du XVIe siècle qu’a fait son apparition le terme Tarots. L’origine de ce mot est controversée. D’aucuns pensent qu’il vient de l’arabe et qu’il signifie "feuille de papier" ou du terme “tariqa”, à savoir voie de la Connaissance mystique, élaboration d’un parcours mystique d’inspiration indienne (Tara).

D’autres voient un possible lien avec le technique du taroccato, à savoir l’impression de décorations au moyen d’un poinçon, propre aux cartes miniaturées produites pour les cours princières du nord de l’Italie. D’autres encore supposent que le mot tarot vient du terme dialectal “tarocar” qui signifie faire ou dire des idioties ou des choses insensées, en référence au jeu de hasard.

Les Allégories des Tarots

Les allégories des cartes triomphales appartiennent à un répertoire figuratif très présent à partir du XIIIe siècle, en particulier dans les décorations des cathédrales gothiques, dans les traités encyclopédiques et astrologiques ainsi que dans les fresques des édifices publics.

Le contenu de chaque figure est aisément déchiffrable lorsqu’il s’inscrit dans le contexte culturel des cours princières de l’Italie de la plaine du Pô au vu de leur goût pour les images moralistes issues tant de la tradition religieuse que de la mythologie classique.

En effet, au cours du Moyen-Age, les dieux antiques restèrent présents dans la culture chrétienne, quand bien même avec un caractère différent de celui de la divinité. Ils étaient d’une part considérés comme des héros qui formèrent les hommes à de nombreux arts, ainsi Minerve la première tisseuse ou Apollon le dieu médecin. Une autre conception les envisageait comme les allégories de vices et de vertus, et c’est cette interprétation que l’on trouve dans certaines cartes des Triomphes.

Ainsi peut-on reconnaître clairement des vertus telles que la Force, représentée par Hercule terrassant le lion Némée, symboles des instincts animaux ; l’Amour représenté par Cupidon s’apprêtant à lancer ses flèches sur les Amants imprudents ; la Prudence, représentée par Saturne ; la Pudeur par Diane ; l’Impératrice par Vénus ; la Vérité par Apollon qui illumine la Terre de son disque solaire.

De nombreuses figurent des tarots s’inspirent clairement de l’iconographie chrétienne, ainsi le Monde, représenté tantôt par le Jérusalem céleste à l’intérieur d’une sphère portée par des anges ou surplombée par la Gloire céleste.
La carte de la Papesse renvoie à l’image de la Foi, identique à celle représentée par Giotto dans la Chapelle des Scrovegni à Padoue. D’autres représentations de vertus telles que la Tempérance, la Justice et la Force reflètent l’iconographie classique présente dans les églises gothiques et dans les miniatures des livres saints. Et ce ne sont là que quelques exemples. Les traités d’astrologie de l’époque constituèrent une autre source d’inspiration. La figure du Bateleur ou du Jongleur apparaît parmi les "Fils de la Lune" à savoir parmi les métiers placés sous l’influence de l’astre.

La figure du Misérable ou Fou est présente parmi les "Fils de Saturne ; celle des Amants parmi les "Fils de Vénus" ; le Pape parmi les "Fils de Jupiter" et l’Empereur parmi les "Fils du Soleil". En outre, des figures d’astrologues sont présentes dans différents jeux des Triomphes comme représentation de la Lune et des Étoiles.

Enfin, sont présentes des images de la vie quotidienne. Un exemple intéressant nous est fourni par la figure du Pendu qui fait référence à la peine infligée aux traîtres.
Dans la Chapelle Bolognini à S. Petronio (Bologne) une figure identique est représentée dans une fresque de Giovanni da Modena comme peine du talion pour les idolâtres. Bien que la peine de la pendaison par un pied soit représentée dans plusieurs œuvres graphique, cette fresque est l’unique exemple connu dans lequel l’image du Pendu coïncide parfaitement avec la carte homonyme des Triomphes.

Le Divin Hermès

Durant l’Antiquité Hermès, associé au dieu égyptien Thoth, fut considéré comme l’inventeur de l’écriture et l’auteur de nombreux traités magique et religieux. Durant la période de l’Empire romain les textes hermétiques furent réinterprétés par l’école d’Alexandrie en Égypte à la lumière de la philosophie grecque, en particulier de Pythagore et de Platon, tandis que les Pères de l’Église vouèrent un grand respect à Hermès en vertu des analogies avec certains textes des Évangiles et certains textes qui lui furent attribués.

En 1460 fut porté à Cosimo de Médicis, Seigneur de Florence, un manuscrit retrouvé en Macédoine et attribué par erreur à Hermès Trismégiste. Cette œuvre traduite en 1463 par le religieux et philosophe Marsile Ficin fut suivie par les traductions de textes platoniciens qui révélaient une conception fascinante du Cosmos.

Selon cette philosophie, l’Univers converge vers l’Unité divine ordonnée selon des degrés de perfection représentés par les cercles concentriques des sphères planétaires et célestes. L’homme est constitué d’une part divine, l’âme, qui durant son existence terrestre peut le conduire à la contemplation du Bien suprême à travers la pratique des vertus et par le biais de la médiation des différentes entités angéliques.

Une autre dimension philosophique importante supposait que l’Univers se reflète dans chaque chose existante. L’homme était envisagé comme un monde en miniature, un microcosme identique en tout et pour tout au Macrocosme. Les philosophes de la Renaissance, à partir de Ficin, imaginèrent des systèmes complexes de correspondance entre les astres du firmament et les différentes parties de l’organisme humain.

C’est sur la base de tels principes que furent revalorisées la magie, l’astrologie et l’alchimie, l’art hermétique par excellence. Ces sciences devaient aider l’homme à comprendre les liens occultes qui assurent la cohésion de l’univers et qui influencent le comportement humain.
Ainsi les divinités astrales antiques, Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, le Soleil et la Lune, revêtirent à nouveau le rôle d’esprits puissants et redoutables auxquels il était permis d’adresser prières et interrogations pour connaître la destinée humaine.

Les amulettes, certains rites et la réalisation d’opérations particulières devaient permettre à l’homme de se défendre contre la puissance des astres, également présente dans les pierres et les métaux, en obtenant la faculté de la capturer et d’en faire usage pour s’élever spirituellement.

Le poète Ludovico Lazzarelli (1450 - 1500) s’inspira de la philosophie hermétique dans une œuvre illustrée de figures tirées des Tarots dits "du Mantegna", le De gentilium imaginibus deorum et aux opérations alchimiques fit également référence l’auteur anonyme des Tarots Sola Busca (1490 environ).

A la même époque certaines images des Tarots furent modifiées sur la base des canons de l’iconographie hermétique. Sur les cartes des Étoiles est en effet représentée l’origine astrale de l’âme selon la conception platonicienne tandis que sur la carte du Monde est représentée l’Anima Mundi qui, selon Ficin, serait l’élément médiateur entre l’homme et Dieu.

Le Jeu des Tarots

Selon la tradition ésotérique le lieu d’origine des Tarots ne serait ni l’Égypte ni l’Orient ni même la mythique Atlantide ; selon cette tradition, les Tarots auraient vu le jour à la Renaissance auprès des cours du nord de l’Italie : celles de Milan, Bologne et Ferrare. Et les Tarots se seraient ensuite diffusés dans toute l’Italie puis dans le reste de l’Europe où ils connurent de nombreuses variantes.

Vers 1470, on trouve les Tarots à Florence où fut créée une variante dite Germini ou Minchiate. Au début du XVIe siècle ils firent leur apparition à Pérouse et à Rome et lors du siècle suivant ils débarquent en Sicile. De Ferrare, ils se diffusent en direction de Venise, de l’Autriche et de la Bohème. De Milan, ils arrivent en Suisse, en France puis en Allemagne, pays dans lequel se développa au XVIIIe siècle une riche production de Tarots illustrés de scènes fantastiques, inspirées du monde animal, de l’histoire, de la mythologie et des tradition et coutumes populaires.

Les cartes des Tarots étaient utilisées à l’origine en jeu avec quelques règles comparables à celles des échecs. Au vu de son caractère "ingénieux", le Ludus Triompharum était exclu des ordonnances contre les jeux de hasard promulguées au XVe siècle dans de nombreuses villes du nord de l’Italie. En outre, grâce à de nombreux documents datant de la Renaissance, l’on sait que dans les salons aristocratiques le jeu des Triomphes était au centre de divertissements raffinés qui consistaient par exemple à inventer des sonnets courtois ou à répondre à des questions ayant trait aux cartes tirées du jeu.

Une autre pratique consistait à associer les figures de Tarots à des célébrités en écrivant à leur propos des sonnets ou plus simplement des devises, tantôt élogieuses, tantôt burlesques ou satyriques. Ces pratiques ludiques et littéraires marquèrent rapidement le pas.

Dès la fin du XVe siècle, un prédicateur dominicain anonyme s’acharnait contre les Triomphes en les qualifiant d’opus diaboli et justifiait son jugement en affirmant que l’inventeur de ce jeu, pour entraîner les hommes dans le vice, avait délibérément utilisé des figures respectables au plus haut point, ainsi le Pape, l’Empereur, les Vertus chrétienne et même Dieu. Au XVIe et XVIIe siècles les Tarots se transformèrent en un vrai jeu de hasard caractérisés par de nombreuses variantes régionales.

A partir du XVIIIe siècle commença l’importation de Tarots français en particulier de la variante "’marseillaise" dont s’inspirèrent les fabricants piémontais et lombards pour rénover leur production. Ensuite, talonnés par des jeux plus modernes, les Tarots disparurent lentement.

Aujourd’hui, ils sont encore présents dans quelques villes de Sicile, d’Émilie, de Lombardie et du Piémont ainsi que dans le Sud-Est de la France. Dans le même temps toutefois, les images des Tarots furent l’objet de manipulations et d’interprétations ésotériques au point d’être considérées comme des icônes magiques.

Le Livre de Thot ou l’interprétation ésotériques des tarots

La renaissance des Tarots comme instrument magique intervient à la fin du XVIIIe siècle, en pleine période des Lumières. Elle est l’œuvre d’un archéologue, célèbre à l’époque : Antoine Court de Gébelin, membre de la franc-maçonerie française.

"Si nous annoncions, aujourd’hui, qu’existe une œuvre qui contient la doctrine la plus pure des Égyptiens qui aurait échappé aux flammes de leurs bibliothèques, qui ne serait impatient de connaître un livre aussi précieux et extraordinaire ? Et bien ce livre existe et ses pages sont les figures des Tarots”.

Pour justifier ses affirmations Court de Gébelin explique que le mot Tarot vient de l’égyptien Ta-Rosch qui signifie Science de Mercure (Hermès pour les Grecs, Thot pour les Égyptiens). Puis, aidé par un collaborateur inconnu, il indique les nombreuses propriétés magiques du Livre à peine redécouvert.

Ces théories sont reprises par un autre franc-maçon, Etteilla, pseudonyme de Jean-François Alliette : “Le Tarot est un livre de l’Égypte ancienne dont les pages contiennent le secret d’une médecine universelle, de la création du monde et de la destinée de l’homme. Ses origines remontent à 2170 avant J.-C. quand dix-sept magiciens se réunirent en un conclave présidé par Hermès Trismégiste. Il fut ensuite incisé sur des plaques d’or placées autour du feu central du Temple de Memphis. Enfin, après diverses péripéties, il fut reproduit par de médiocres graveurs du Moyen-Age avec une quantité d’inexactitudes telle que son sens en fut dénaturé".

Etteilla restitua aux Tarots ce qu’il estimait être leur forme primitive, il en remodela l’iconographie et le baptisa Livre de Thot. L’héritage du néoplatonisme et de l’hermétisme de la Renaissance est clairement présent dans les manipulations opérées par Etteilla. En effet, dans les huit premiers triomphes, il reproduit les phrases de la Création ; dans les quatre suivants ; il souligne que les vertus conduisent les âmes auprès de Dieu ; et enfin dans les dix derniers, il représente les conditionnements négatifs auxquels les êtres humains sont soumis.

Les 56 cartes numérales furent interprétées comme les sentences divinatoires pour les mortels. Grâce à ces révélations, prit un grand essor la mode de la cartomancie, toutefois, bien plus tard la dimension mystique du Livre de Thot fut revalorisée par Eliphas Lévi.

Eliphas Lévi dénonça les erreurs d’Etteilla en affirmant que les 22 Triomphes correspondaient à 22 lettres de l’alphabet hébreux. Et il en explique le rapport avec les opérations magiques, avec le symbolisme franc-maçon et surtout avec les 22 sentiers de l’Arbre de la Kabbale, qui reflètent les structures identiques de l’homme et de l’univers.

En parcourant les 22 canaux du savoir suprême, l’âme humaine pouvait parvenir à la contemplation de la lumière divine. Les théories de Lévi furent reprises par de nombreuses confraternités occultistes et chacune d’entre-elles réalisa de nouvelles cartes des Tarots conformes à sa propre philosophie.

Pour certaines, l’objectif des initiés était la réalisation d’un grand Temple Humanitaire visant la création du Règne du Saint-esprit fondé sur l’ésotérisme commun à tous les cultes. Pour d’autres, les Tarots représentaient les étapes d’un parcours individuel d’élévation mystique ou d’exaltation psychique grâce à l’obtention de grands pouvoirs magiques.

Tarots et cartomancie

Il est généralement admis que la période qui couvre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle, fut propice aux prophètes et aux devins, en France et ailleurs, en raison des incertitudes politiques et de l’aggravation de la crise économique.

Existe en effet une très vaste production d’estampes datant du XIXe siècle qui représentent des scènes de divination populaire, production qui atteste la diffusion de la cartomancie. L’archétype est une veille femme, souvent gitane, qui prédit l’avenir au carrefour et qui habite un taudis entourée de tout un attirail magique.

Bien que l’art divinatoire à l’aide de cartes fût pratiqué dès la fin du XVIIe siècle, ça n’est qu’au XIXe siècle que les cartomanciennes se multiplièrent grâce aux stupéfiantes révélations de Court de Gébelin, d’Etteilla et des confraternités occultistes. Parmi les innombrables devin de l’époque, il convient de s’arrêter un instant sur Mademoiselle Lenormand, dont la fortune reposa sur une habile utilisation de son image publique. Tout au long de sa carrière, Mademoiselle Lenormand vit défiler dans son salon des personnages de la stature de Robespierre, Marat, Danton, Napoléon Bonaparte, et devint la confidente de l’Impératrice Joséphine.

La “Sibylle des Salons”, ainsi qu’elle était surnommée, fut imitée par d’innombrables devineresse qui s’efforcèrent de tirer profit de leur art en prétendant être les élèves et les disciples voire les héritières de la plus illustre sibylle. D’autre créèrent de nouvelles cartes de cartomancie basées sur les Tarots égyptiens d’Etteilla ou sur les cartes à jouer françaises.

Vers 1850, la divination par le biais des tarots et des cartes à jouer était devenue une technique divinatoire extrêmement populaire dans l’Europe entière. Et à cette même époque, la renaissance des philosophies ésotériques redonna vigueur aux arts magiques et à la cartomancie en particulier.

La diffusion de cette pratique, toutes classes sociales confondues, s’accompagna d’une vaste production industrielle pour répondre aux attentes du public. Au cours du XIXe siècle furent imprimés, essentiellement en France, en Italie et en Allemagne, au moins une centaine de jeux qui dans la plupart des cas n’avaient qu’un rapport lointain avec les Tarots mais davantage avec les livres d’interprétation des songes ou avec la "Kabbale du loto".

On peut affirmer que depuis lors cette mode a conservé toute sa vigueur, si l’on excepte les périodes de guerre. A tort selon nous, les sociologues s’interrogent aujourd’hui sur les raisons de ce qu’il est convenu de définir aujourd’hui comme un retour de l’irrationnel mais qu’il convient d’envisager davantage comme une présence qui témoigne d’un besoin constant, dans l’histoire occidentale, de plus grandes certitudes.

Au-delà de l’aspect divinatoire, il convient par ailleurs de tenir compte de la dimension artistique. La création des cartes a en effet souvent vu à l’œuvre de très talentueux dessinateurs et peintres dont le travail témoigne, non seulement d’un goût personnel, mais également d’une sensibilité artistique et des courants des époques dans lesquelles il s’inscrit.

Copyright
Andrea Vitali,
Historien et iconographe du Tarot

LE TAROT
Association culturelle d’étude et de recherche historique

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Forum
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> TAROTS - Art et Magie
Alain Bougearel - le 20 août 2006

Bonjour à toutes et à tous,

L’ Officiel de la Voyance fut le premier à soutenir l’oeuvre de traduction de cette Exposition.

La traduction française du "Catalogue de l’Exhibit" Tarots - histoire art et magie " est désormais achevée.

Le texte français peut être téléchargé à titre gracieux

Texte en français

Un diaporama sélectif de certaines illustrations est offert

Les lecteurs souhaitant commander l’édition du livre publié en version bilingue Anglais/Français peuvent m’écrire directement.

Prix : 30 Euros + frais de port

> TAROTS - Art et Magie
le pezennec - le 4 novembre 2013

Bonjour !

Je recherche depuis longtemps, un ouvrage montrant le parallèle iconographique issu des Traditions avec les différentes lames du Tarot.
Est ce que le livre de Vitali corresponds ä cette recherche...?
est ce qu’il contient de nombreuses illustrations montrant et mettant en évidence ces rapprochements ??
Possédez vous encore un exemplaire que vous pourriez me vendre ?
Merci pour votre reponse !
Johann
lzennecj@hotmail.fr

> TAROTS - Art et Magie
tycho22 - le 15 mai 2005

quand, après quatre ans d’occupation allemande, et même d’annexion, je me retrouvai francophone, moi aussi je mettais, comme vous, ENT pour signifier le pluriel !

je cherche l’image de la mort ou du crâne parlant d’Ibycus, comme elle est décrite dans le roman d’Alexei Tolstoi.

D’autant que j’ai cru à une faute de traduction, CRANE étant en anglais le nom de la grue, et les grues étant citées comme témoins de l’accusation de meurtre dans le poème de Schiller : Die Kraniche des Ibycus.

Si vous pouvez m’éclairer, merci SPI

> TAROTS - Art et Magie
Bougearel - le 17 mai 2005

Bonjour

J’avoue ne pas comprendre votre message.

Pourriez-vous être plus clair : ce que vous voulez dire est certainement évident pour vous, mais pour le lecteur, c’est incompréhensible.

Merci

Alain Bougearel

> TAROTS - Art et Magie
Laurent - le 14 septembre 2005

Pour comprendre son message, pas besoin de lire le livre d’Alexeï N. Tolstoï (ou le héros est poursuivis par cette image de la mort http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=398 ) mais il faut aussi connaitre la vie d’Ibycus (ca se complique http://remacle.org/bloodwolf/poetes/falc/ibycus/oeuvre.htm ) qui donc a eu une mort avec pour seuls témoins des grues blanches. Le tout est de savoir s’il existe bien cette carte avec un crane parlant ou donc, si probleme de traduction il y a, la grue (?) qui parle.
Je sait pas si je suis réellement plus clair.

> TAROTS - Art et Magie
bdeth - le 8 mai 2012

Il n’y a rien d’incompréhensible à part pour un attardé qui ne prend pas le temps de vous lire - je me pose la meme question, ayant lu l’Ibycus d’A. Tolstoi et l’adaptation de Rabate. Google n’est pas mon ami pour le coup. On n’entend parler de ce symbole nulle part, merci donc de pointer vers Schiller. L’origine est donc la mythologie/ histoire grecque, il serait intéressant de connaître les sources. Comme vous le savez, A. Tolstoi avait les opinions et les convictions volatiles, pas étonnant que son esprit le soit autant, peut-être après tout s’agit-il d’une erreur de traduction de sa part, très bien vu. Il serait int de vérifier le dictionnaire des symboles. La dernière autorité étant la source littéraire grecque.

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